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Qu'est-ce qu'un métis ? |
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L'identité, qu'il s'agisse de celle d'une personne ou de celle d'un peuple, est toujours une question délicate et complexe. Une personne peut, par exemple, être à la fois métisse, autochtone, albertaine, canadienne et femme et avoir encore d'autres caractères définissant son identité. Pour certains, être Métis est un élément essentiel de leur identité; pour d'autres, c'est moins important. D'autre part, l'identité métisse peut se traduire de différentes façons selon les contextes: il y a l'identité personnelle de l'individu qui a rapport avec son moi intime; ensuite, il y a l'appartenance à une communauté métisse particulière; en troisième lieu, il peut y avoir la revendication des droits reconnus aux Métis en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 . Dans toute l'analyse que nous consacrons à l'identité métisse, il ne faut pas perdre de vue que le sens du terme est en grande partie déterminé par le contexte dans lequel il est employé. L'identité métisse (comme d'ailleurs l'identité autochtone) n'est pas simplement une question génétique. Un Métis doit nécessairement avoir à la fois des ancêtres autochtones et non autochtones, mais les liens ancestraux peuvent également être non génétiques. C'est le cas de ceux qui ressortissent au mariage ou à l'adoption, et qui sont des liens familiaux tout aussi précieux que les liens du sang. L'ascendance n'est qu'un seul élément de l'identité métisse. Les facteurs culturels sont importants; un peuple existe dans la mesure où il possède une culture commune. Ceux qui se considèrent comme Métis s'identifient à la culture d'un peuple métis et celui qui est considéré par un peuple métis comme l'un des siens partage la culture de ce peuple. Delbert Majer a illustré ce point dans le témoignage qu'il a présenté à la Commission: [TRADUCTION] Je dirais que, en tant que Métis, comme d'autres jeunes Métis que je connais, j'ai souvent entendu la remarque: «Oh, je ne savais pas que vous étiez Métis. Vous n'en avez pas l'air.» Vous savez, il ne s'agit pas d'une question biologique. Il s'agit d'une question culturelle et historique, d'une question liée au mode de vie.Cela n'a rien à voir avec l'aspect extérieur, c'est la façon dont on se sent à l'intérieur qui est importante tant pour l'esprit que pour l'âme et le cśur. Delbert Majer Parfois, lorsqu'il est question de l'identité autochtone, on fait allusion à des rapports rationnels et à des critères objectifs comme le lieu de résidence, les langues parlées, les liens familiaux et l'engagement dans la collectivité. Ce sont là des signes extérieurs. Il s'agit de repères qui peuvent être utiles à un peuple autochtone lorsqu'il lui faut décider de l'authenticité du lien que prétend avoir avec lui quelqu'un qui revendique son appartenance. Mais aucun de ces facteurs objectifs n'est jamais concluant en soi; même assortis d'une pondération, les critères objectifs ne peuvent être appliqués mécaniquement. En fin de compte, l'identité repose sur deux éléments incontournables — l'ascendance et la culture — et leur acceptation, tant par la personne que par le peuple. C'est avant tout la culture qui différencie les Métis des autres peuples autochtones. Un grand nombre de Canadiens comptent parmi leurs ancêtres à la fois des autochtones et des non-autochtones, mais cela ne fait d'eux des Métis ni même des autochtones. Certains d'entre eux se présentent en tant que membres des Premières nations ou Inuit, d'autres en tant que Métis et d'autres encore en tant que non-autochtones. Ceux qui se disent métis se distinguent des autres par leur culture incontestablement métisse. Historiquement, les cultures métisses sont issues des modes de vie imposés par le rôle des premiers Métis dans l'économie fondée sur les ressources. Les Métis qui pratiquaient la traite des fourrures et qui utilisaient à la fois les langues indiennes et le français ont contribué à la naissance du michif, la langue propre aux Métis. La nécessité de se déplacer a inspiré des formes mobiles d'expression artistique: le chant, la danse, la musique de violoneux, les vêtements ornementaux. Les retours périodiques aux postes de traite, le caractère saisonnier de la chasse au bison et les attitudes discriminatoires ont façonné les modes d'établissement. Pour les Métis de l'Est, les expéditions de chasse et de cueillette saisonnières sont des facteurs qui se sont combinés à d'autres influences découlant d'une économie reposant sur la pêche. Dans tous les cas, les cultures se sont développées de manière organique, leurs caractéristiques étant déterminées par les circonstances sociales et économiques qui les firent naître et favorisèrent leur épanouissement. Ces circonstances ont changé avec le temps, tout comme certains aspects de la culture collective des Métis ou de leurs modes de vie individuels. Les changements ont été minimes pour certains, mais radicaux pour d'autres. Pour certains, les changements personnels se sont traduits par une perte complète de leur identité métisse; pour d'autres, ils ont signifié au contraire une redécouverte des liens ancestraux. Si quelques Métis conservent le mode de vie de leurs ancêtres, caractérisé par des activités comme la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette, d'autres ne conservent le mode d'exploitation traditionnel des ressources qu'à des fins de loisirs tout au plus. Les cultures elles-mêmes ont évolué à certains égards: les barbecues remplacent souvent les feux de camp et les gigues se dansent parfois au son des pianos électriques. Mais malgré la diversité des styles de vie des Métis d'aujourd'hui, la participation aux cultures métisses, continue d'être importante pour tous ceux qui conservent leur identité métisse. L'identité de chacun est une question de choix personnel. Chacun est libre de s'identifier à une nation ou un peuple, qu'il ait un motif objectif ou non de le faire et qu'il reçoive ou non l'appui de ce peuple ou de cette nation. Toutefois, si l'on désire avoir une reconnaissance de cette identification, l'approbation de la nation ou du peuple auquel on revendique une appartenance est nécessaire. Toute intervention de la part d'un tiers extérieur à la nation concernée serait malvenue. Par conséquent, lorsqu'un gouvernement désire savoir quels sont les membres d'une nation afin d'engager des négociations de nation à nation, il ne peut, en toute légitimité, retenir que deux critères: la déclaration personnelle d'appartenance et l'acceptation par la nation. Cela ne signifie pas que les autres gouvernements ne peuvent jamais légitimement se préoccuper de savoir qui est métis ou non. Supposons que le gouvernement du Canada ait convenu par la voie de la négociation d'accorder certains avantages aux habitants métis d'une région donnée. En l'absence d'une définition convenue du terme «métis», le gouvernement serait contraint de déterminer par lui-même qui a droit ou non à ces avantages. Ou si, en attendant le règlement négocié d'une question concernant les Métis, on convenait qu'un gouvernement devrait administrer un programme lié à cette question, il faudrait nécessairement procéder à l'identification des bénéficiaires. Il pourrait s'avérer utile pour un gouvernement de savoir qui appartient à une nation autochtone afin d'évaluer l'importance d'une décision reconnaissant son statut de nation. Mais à part cela, la composition d'une nation autochtone devrait être du ressort exclusif de cette nation et de ses membres. |
| Références : Site du Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada. Pour plus d'informations sur les métis voir : http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/sj20_f.html#1.2%20L'identité%20métisse |
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